Historique

L’association Rebond’Art a été fondée en 1999, à Ecublens, par Denise Gilliand, réalisatrice de films, et quelques autres personnalités du monde de l’art, du domaine humanitaire et de l’univers journalistique.

En 1989, une campagne audiovisuelle de prévention du sida fera découvrir à Denise Gilliand à quel point l’exclusion impose une souffrance pesante aux personnes qui en sont victime. Dès lors, elle s’engagera «pour donner la parole à ceux qui ne l’ont pas, rendre humanité et dignité à ceux que la société rejette».

L’idée de créer Rebond’Art est née pour sa fondatrice, en 1998, après qu’elle a réalisé le film Les Bas-Fonds, qui relate l’expérience d’un atelier de théâtre ayant duré une année, au cours de laquelle des sans-abri parisiens se lancent comme acteurs et jouent finalement, au Théâtre national de Chaillot, la pièce éponyme de Maxime Gorki.

A propos de cette expérience, Denise Gilliand dit: «…on constate qu’en un an, ils se métamorphosent. Il est frappant de voir à quel point, au fil de l’année, l’activité théâtrale leur rend une identité et une bonne dose de confiance en eux. Cela se voit même physiquement: au début, la plupart d’entre eux ont des problèmes de vue, de diction, de dentition. En cours de route, ils achètent des lunettes ou se font faire des dents. Ils retrouvent l’envie de communiquer, de s’intégrer à un groupe. Et le résultat est un vrai succès, alors qu’il s’agit d’une pièce exigeante, difficile à monter, même avec des acteurs professionnels.»

Dès le début de Rebond’Art, toute œuvre créée dans les ateliers faisant partie d’un projet a été montrée au public ou exposée, et même médiatisée. Selon Denise Gilliand, cela a bien marqué la différence entre les projets mis sur pied par l’association et les activités développées par l’art-thérapie: «En art thérapie, on protège l’intimité et les œuvres sont rarement montrées. Pour moi, les démarches sont totalement différentes. Si on ne montre pas les œuvres, on perd l’objet de valorisation via la presse et le public. Une oeuvre d’art de qualité montrée au public permet à son créateur de renouer avec le monde environnant dans un sentiment de fierté et de dignité.»